S.S.L.A. de PAU et du BEARN

  • Plein Ecran
  • Ecran Large
  • Ecran Réduit
  • Augmenter la taille
  • Taille par défaut
  • Diminuer la taille
La Revue Revue n°37 - 2010
Dernière mise à jour Mardi 01 Juillet 2014
La revue de Pau et du Béarn n°37 - 2010
Envoyer Imprimer

SSLA37_2010

Revue de Pau et du Béarn numéro 37 année 2010

 

Table des matières

-Le mot du Président, par Benoît Cursente, page 5
-Résumés des articles, page 9
-Objets métalliques de l’âge du Bronze : simples découvertes ou indices d’une paléométallurgie béarnaise ?, par Claude Blanc, page 15
-Entre Èbre et Garonne du IIIe siècle avant au Ier siècle après notre ère :les différents aspects de la guerre, par Nicolas Aubert, page 31
-L’Ensenhamen du troubadour Arnaut-Guilhem de Marsan (xiie siècle) : enseignement courtois, enseignement curial et parodie courtoise, par Éliette Mariné, page 57
-Une énigme héraldique élucidée : la clé de voûte armoriée de Saint-Savin-Larrivière, les rois de Navarre et la vicomté de Marsan, par Jacques de Cauna, page 81
-Nay : un centre textile en Béarn dans la première moitié du xvie siècle, par Daniel Bourrouilh, page 97
-Les relations de Jeanne d’Albret et de Catherine de Médicis et l’édit de Saint-Germain de 1570, par Bernard Berdou d’Aas, page 133
-Le royaume de Suède-Norvège sous le règne de Bernadotte (1810-1844): aux origines d’un modèle écoomique et social, par Jean-Marc Olivier, page 153
-La restauration du décor des églises de Lescar et de Sorde-l’Abbaye par Joseph Auguste Lafollye au xixe siècle : de la redécouverte d’un patrimoine à sa recréation, par Capucine Lemaître, page 163
-Voyage du père Théodore Monbeig en Chine et au Tibet (2e partie), par Jean-René Saint-Macary, page 179
-Les sept vies de Turboméca, par Charles Claveau, page 201
-Mélanges, page 225
-In memoriam : Maria Immaculata Ludovica, par Philippe Goaillard, page 227
-Mai-juin 1940 : un récit de soldat, par Jean Joseph Blaise, page 233
-Bibliographie béarnaise, par Valérie Champetier de Ribes et Jean-François Saget, page 243
-Travaux universitaires 2009, page 259
-Ouvrages et travaux, page 261
-Du côté des associations sœurs, page 267
-Vie de l’association, page 269
-Le carnet de la SSLA, page 271
–Répartition géographique des adhérents au 1er octobre 2010, page 272
–Éphémérides 2010, page 275
–Conférences, page 277
–Excursions, page 281
–Site web de la SSLA : www.ssla-pau-bearn.fr, page 283
–Nos lecteurs nous écrivent, page 285.

Résumé des articles:

Claude Blanc
Objets métalliques de l’âge du Bronze : simples découvertes ou indices d'une paléométallurgie béarnaise ?
À ce jour, 23 objets métalliques de l’âge du Bronze ont été découverts en Béarn. Les plus nombreux (15) sont les haches plates dont certaines datent de l'apparition de la métallurgie. L'âge du Bronze moyen est représenté par 3 haches (à rebords ou à légers rebords), un poignard et vraisemblablement une armature de flèche. Appartenant au Bronze final, on a découvert 4 haches à talon et une pointe de lance.
On donne ensuite les résultats principaux des analyses de composition des métaux qui permettent, pour les haches plates, d'émettre un schéma plausible d'évolution des procédés de la paléométallurgie du cuivre.
On montre enfin que les données sur les mines de cuivre utilisées pendant la Protohistoire sont très lacunaires, une seule pouvant être attribuée avec certitude à une exploitation à la fin du Néolithique.
Avec les données disponibles, rien ne permet de supposer qu'il y ait eu des ateliers de métallurgistes dans le Béarn pendant la Protohistoire ancienne. Cette conclusion – provisoire et destinée à être contredite par l'apport de données nouvelles – signifie que les outils ou armes découverts sont des objets d'importation.

Nicolas Aubert
Entre Èbre et Garonne du iiie siècle avant au ier siècle après notre ère : les différents aspects de la guerre
Les activités militaires romaines entre l’Èbre et la Garonne, du iiie siècle avant au ier siècle après notre ère, ont revêtu différents aspects. En effet, la conquête menée par Rome dans ces régions révèle toute la panoplie des formes du combat utilisée par l’armée et les dirigeants romains.
Si la bataille rangée semble posséder l’exclusivité dans les affrontements, les légions furent néanmoins confrontées à des méthodes qu’elles connaissaient sans doute, mais qu’elles n’avaient guère eu l’occasion d’expérimenter jusqu’alors. La poliorcétique, mise en œuvre lors de la prise de certaines cités de la vallée de l’Èbre ou encore d’oppida en Aquitaine, avait auparavant fait ses preuves au cours de la seconde guerre punique, mais elle fut alors très pratiquée. La guérilla, utilisée aussi bien dans le nord de l’Espagne qu’entre Pyrénées et Garonne et mettant en valeur des méthodes comme la ruse et l’embuscade, mit quant à elle à rude épreuve les capacités des légionnaires. La diplomatie fut également une méthode assez prisée au cours des trois siècles de guerre en Ibérie et en Aquitaine : certains peuples et territoires, vascons en particulier, ont été intégrés de cette manière aux territoires romains. D’autres épisodes, notamment au cours du ier siècle avant Jésus-Christ, révèlent enfin les liens de fidélité entre chefs indigènes et généraux romains : les guerres civiles en Espagne, puis la conquête de l’Aquitaine tirèrent profit aussi du jeu des alliances politiques.
 
Éliette Mariné
L’Ensenhamen du troubadour Arnaut-Guilhem de Marsan (xiie siècle) : enseignement courtois, enseignement curial et parodie courtoise
Les ensenhamens ne forment pas le genre le plus courant et le plus connu de la littérature médiévale de langue d’oc. Le deuxième qui nous a été conservé, Qui comte vol apendre, a été écrit entre 1170 et 1180. Son auteur, Arnaut-Guilhem de Marsan (vers 1125-vers 1185), était un seigneur landais qui, dans une Gascogne en état de rébellion quasi permanent, se caractérisait par sa fidélité aux Plantagenêt. On peut donc penser que son ensenhamen a été marqué par une double appartenance culturelle, Plantagenêt et occitane. Il offre en effet des vues assez originales sur des figures-types, l’amant, le chevalier, le noble. Le contexte amoureux des enseignements, celui d’un amant qui ne parvient pas à obtenir l’amour de sa Dame, est le prétexte à des conseils qui distinguent, à travers les trois figures énumérées ci-dessus, les éléments qui semblent mener à l’esquisse d’une quatrième figure, celle du courtisan. Toutefois, différents éléments ironiques ou hyperboliques dans l’ensenhamen témoignent en faveur d’une possible portée parodique de l’œuvre d’Arnaut-Guilhem de Marsan.

Jacques de Cauna
Une énigme héraldique élucidée : la clé de voûte armoriée de Saint-Savin-Larrivière, les rois de Navarre et la vicomté de Marsan
On ne prête qu’aux riches ! Derrière l’adage  bien connu se cache une tendance historiographique malheureusement trop répandue qui consiste à partir de ce que l’on connaît – ou que l’on croit bien connaître à force de répétitions – pour extrapoler sur ce qu’on ne connaît pas. Ce qui, autrement résumé, pourrait être qualifié d’antithèse de la démarche scientifique. C’est ainsi qu’à partir de la « découverte », en 1874 dans les Landes, d’un document au caractère béarnais et navarrais indubitable, en l’occurrence un blason gravé dans la pierre d’une clé de voûte, on est passé directement à l’attribution à un personnage historique bien connu au mépris de l’observation héraldique. Mais le plus étonnant est que cette erreur datant de la fin
du xixe siècle, il y a plus de 130 ans, n’ait jusqu’ici jamais fait l’objet d’un rectificatif de la part des sociétés savantes peuplées d’érudits locaux. Ce qui tendrait simplement à prouver que le fameux « principe d’autorité » médiéval, dénoncé dès le xvie siècle par les humanistes, puis les philosophes, est encore bien vivant au sein de ces instances.

Bernard Berdou d’Aas
Les relations de Jeanne d’Albret et de Catherine de Médicis et l’édit de Saint-Germain de 1570
Cette étude montre de quelle façon Catherine de Médicis et Jeanne d'Albret ont joué un rôle éminent parmi les personnalités qui ont œuvré à l'édit de Saint-Germain-en-Laye, signé le 8 août 1570. Cet édit, qui a instauré entre catholiques et protestants une paix qui va durer deux ans (jusqu'à la Saint-Barthélemy), couronne un processus laborieux. Les négociations, amorcées à l'automne 1569, semblent s'enliser au printemps suivant jusqu'à  ce que la défaite de l'armée royale à Cossé, le 27 juin 1570, convainque les Valois de la nécessité d'aboutir. Au-delà du traité, les relations entre les deux reines vont se poursuivre pour résoudre les multiples difficultés de son application.

Daniel Bourrouilh
Nay : un centre textile en Béarn dans la première moitié du xvie siècle
Dans la deuxième moitié du xvie siècle, Nay, sur la route de Pau à Toulouse et de l’Espagne par le camy aussales, est une petite ville dynamique, au milieu d’une région vouée à l’agriculture et à l’élevage. Son marché accueille des marchands venus d’un peu partout et quelques familles y dominent la vie économique et municipale. Mais les murs de la bastide abritent une industrie textile qui intéresse de près ou de loin tous ses habitants. La laine arrive à Nay en quantité et file sur les métiers à tisser pour en sortir, essentiellement, sous la forme d’« aunes », un tissu grossier ensuite transformé en capes dans les localités voisines. De là, elles partent en Béarn, en France et même en Espagne. L’ensemble de cette activité industrielle présente un organigramme complet, dominé par les maîtres artisans drapiers ou tisserands et par les marchands passant commandes aux nombreux travailleurs à domicile.
Une organisation économique que redessine bien sûr celle de la population nayaise.
Les souverains de Béarn, seigneurs directs de la ville, essaieront de faire fructifier ces savoir-faire par la mise en place d’une manufacture royale à laquelle les évènements de 1569 porteront un coup fatal. Ceux-ci n’empêcheront pourtant pas la pérennisation de l’activité textile à Nay.

Jean-Marc Olivier
Le royaume de Suède-Norvège sous le règne de Bernadotte (1810-1844) : aux origines d’un modèle économique et social
Durant son long règne, Jean-Baptiste Bernadotte, devenu le roi Charles XIV Jean de Suède et de Norvège, a engagé son royaume sur une voie radicalement nouvelle. D’un peuple marqué par une très ancienne et très forte tradition guerrière, il a fait une nation pacifique fondée sur la neutralité et la prospérité. Ses descendants vont prolonger et approfondir cette orientation qui fait aujourd’hui de la Suède un modèle de la social-démocratie.

Capucine Lemaître
La restauration du décor des églises de Lescar et de Sorde-l’Abbaye par Joseph Auguste Lafollye au xixe siècle : de la redécouverte d’un patrimoine à sa recréation
L’architecture religieuse médiévale, qui fut dans l’ensemble assez mal considérée voire méprisée durant l’époque moderne, suscite un intérêt majeur en France au cours du xixe siècle. Objet d’une redécouverte qui se manifeste, dès les premières décennies du siècle, par le biais de l’archéologie et de nombreux travaux d’érudition, elle occupe une place majeure dans la première liste des Monuments désignés pour recevoir des subventions dressée par la commission des Monuments historiques en 1840. La restauration des édifices religieux, alors lieux de culte en usage, s’accompagne de nombreuses réflexions autour des témoignages archéologiques du passé que l’on souhaite conserver et des réfections ou reconstructions nécessaires à leur conservation. La restitution des décorations intérieures s‘impose pour les architectes des Monuments historiques chargés des travaux, cherchant à recréer l’esprit des lieux, réinvestissant les fragments anciens, recréant les éléments lacunaires et revisitant les décors à l’aune de leurs connaissances et de leurs sensibilités artistiques.
La confrontation des pavements de l’église abbatiale Saint-Jean de Sorde-l’Abbaye et de l’ancienne cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Lescar, dont on avait pendant longtemps occulté l’existence ou effacé les traces, permet de porter un nouveau regard sur les restaurations entreprises au cours du xixe siècle, sur les critères qui guidèrent leur remise en valeur et sur l’importance patrimoniale qu’ils revêtent aujourd’hui.

Jean-René Saint-Macary
Voyage du père Théodore Monbeig en Chine et au Tibet (2e partie)
Le voyage du père Théodore Monbeig en Chine et au Tibet est connu grâce à un récit autobiographique écrit en quatre longues lettres et envoyé à sa famille. Est reproduit ici le récit concernant la seconde partie du voyage entre Ta-Tsien-Lou [Kangding] et Tsékou [Yanmen]. Originaire de Salies, le père Théodore Monbeig, assassiné au Tibet le 11 juin 1914, donne son nom à la paroisse que forme aujourd’hui le canton de Salies. À son courage et à sa sainteté, il faut ajouter le soutien qu’il a apporté à de nombreux explorateurs du Tibet et sa contribution à l’herbier du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.

Charles Claveau
Les sept vies de Turboméca
Cet article brosse l'histoire de l'entreprise Turboméca, depuis sa fondation en 1938, par André Planiol et Joseph Szydlowski, jusqu'à l'actuel. Cette histoire se présente comme l'enchaînement de sept phases bien distinctes qui sont commeautant de vies. Ces vies sont caractérisées par la forme d'adéquation qui se réalise entre les évolutions du marché mondial et les innovations technologiques développées par l'entreprise.

Vous êtes ici : La Revue Revue n°37 - 2010